Quand les beaux jours se pointent, on pense aux graines germées !

Je pense que vous aurez vous aussi constaté à quel point nos perroquets ne sont pas attirés toute l’année par les mêmes aliments…
En hiver, la digestion des végétaux est plus difficile et apporte moins de bénéfices, surtout pour les perroquets qui se dépensent beaucoup et qui ont accès à l’extérieur.
Leur appétence pour les légumes et les graines germées diminue souvent à cette période.
Par ailleurs, j’en ai déjà parlé, mais il existe probablement un lien entre la carence en vitamine D3 (fabriquée essentiellement par la lumière naturelle du soleil) et la difficulté à digérer de façon optimale un grand nombre de végétaux.
En Europe, l’indice UV et l’ensoleillement en hiver sont beaucoup trop négligeables pour permettre une synthèse continue de vitamine D3.
Ces mois passés sans apport significatif de cette vitamine rendent nos oiseaux particulièrement sensibles et vulnérables face aux agents pathogènes, et fragilisent également leur système digestif.
Les réserves de vitamine D3 sont vite utilisées pour les fonctions métaboliques quotidiennes, et une carence sévère peut être responsable d’un effondrement immunitaire. Ceci peut expliquer en partie pourquoi de nombreux perroquets déclenchent un picage sur les périodes de faible luminosité journalière.
C’est pourquoi je recommande, en cohérence avec les préférences alimentaires de nos compagnons à plumes, de faire une « pause hivernale », c’est à dire de limiter les graines germées et l’accès à une grande diversité de légumes en hiver, afin de ne pas sur solliciter l’appareil digestif avec des aliments peu caloriques trop pauvres en nutriments.
On peut aussi augmenter les apports en vitamine D3 grâce à l’huile de foie de morue et aux poissons gras que je recommande depuis des années. Malheureusement les apports d’origine alimentaire ne remplaceront jamais l’ensemble des effets de la lumière naturelle, mais ils restent une alternative précieuse et très bénéfique.
C’est ce que je fais.
Ainsi mes perroquets n’ont pas tout à fait accès aux mêmes ressources au cours de l’année et je limite l’apport de légumes à deux fois par semaine en hiver.
Depuis quelques semaines, le menu a changé. J’observe mes perroquets s’intéresser davantage aux fleurs et bourgeons qui apparaissent dans les arbres, ils expriment une plus grande attirance pour les végétaux.
J’introduis alors les graines germées à leur menu. Celles-ci ne doivent pas remplacer les graines et noix grasses, mais peuvent complémenter car elles offrent aussi des intérêts.
Les graines oléagineuses et noix apportent un carburant précieux et qui permet aux perroquets d’être à leur optimum énergétique : le gras.
La germination a pour effet de réduire les graisses, et de plus en plus au fur et à mesure que la graine se transforme en plante. Un menu exclusivement composé de graines germées ne serait pas adapté pour une majorité d’espèces (et notamment les perroquets de grande et moyenne taille qui se dépensent).
Le processus de germination permet de réduire la teneur en anti nutriments (toxines végétales naturellement présentes dans la graine et qui contrarient sa digestion).
Les vitamines, minéraux sont plus disponibles et assimilables, l’effort digestif est moindre que pour la même graine sous sa forme sèche.
Par ailleurs, la germination amène la graine à produire des enzymes qui contribuent aussi à soutenir la digestion (de tout le bol alimentaire et pas seulement de la graine elle même) et rendent également les nutriments plus accessibles dans l’intestin.
On peut proposer des graines germées toute l’année, mais l’hiver les perroquets recherchent plutôt des aliments denses en calories et moins de diversité alimentaire. C’est pour cette raison qu’elles n’auront pas beaucoup de succès à cette période, surtout encore une fois, si vos perroquets vivent en partie dehors et ont de fortes dépenses.
Si vous n’avez jamais testé, je recommande de faire germer pour commencer les graines que vos oiseaux préfèrent.
Personnellement j’utilise pour les miens le tournesol oléique de chez Sogo que me fournit Emilie-Laurent Lartigue. Il est bio, produit localement et germe extrêmement vite !
La particularité de ce tournesol est la qualité de ses acides gras, proches de ceux de l’huile d’olive, qui le rend particulièrement intéressant dans le cas d’oiseaux vieux, fragiles ou sujets aux démangeaison ou picage.
Pour les petites espèces, les graines germées peuvent être plus variées. Les conures, grandes perruches australiennes et petits perroquets africains apprécieront les mélanges qu’Emilie prend soin d’adapter selon les besoins et les préférences connues de chaque oiseau.
Vous pouvez la contacter directement pour commander vos paquets de graines germées Sogo.
Dans certains cas, si votre oiseau est particulièrement difficile ou bien intolérant voire allergique à certains types de graines (cela peut arriver), nous associons nos compétences (son savoir faire et mes connaissances) pour préparer un menu sur mesure.
Les graines germées peuvent être données à tous les stades de germination et tous les jours jusqu’à l’arrivée des premières chaleurs.
En été, le risque d’intoxication est trop élevé, non pas à cause des champignons qui s’y développent (ça c’est une légende) mais surtout à cause du risque bactérien. Les graines germées étant humides et très riches en nutriments, des bactéries pathogènes peuvent proliférer, en particulier si les graines ne sont pas de bonne qualité initialement.
C’est pourquoi il est préférable de ne pas faire germer les mélanges courants du commerce destinés à être distribués secs pour les perroquets.
Il existe parfois dans les animaleries ou sur internet des mélanges de graines à faire germer pour nos oiseaux, mais très souvent ces graines là n’ont aucun succès (vous pouvez tester), et les mélanges ne sont pas étudiés pour savoir si les graines une fois germées auront de réels bénéfices nutritionnels.
Par exemple, les légumineuses germées pour certaines d’entre elles peuvent s’avérer extrêmement indigestes voire pro-inflammatoires. C’est également le cas de certaines céréales présentes couramment dans les menus pour perroquets ou perruches.
Toutes les graines ne sont donc pas bonnes à faire germer, ne vous laissez donc pas berner par un joli paquet très coloré, la diversité n’est pas (toujours) une bonne chose pour de nombreuses espèces de perroquets.
La mue printanière va bientôt démarrer (si ce n’est pas déjà le cas), alors ce petit coup de boost sera sans doute bienvenue !
Margaux Deman
